Duel à Monte-Carlo del Norte

Long métrage
Cinéma

Duel à Monte-Carlo del Norte

Long métrage
Cinéma

Infos techniques

Titre original

Slide

Durée

79 minutes

Date de sortie en France

Pays d'origine

États-Unis : date de sortie non communiquée

Réalisation

Bill Plympton

Société de production

International Originals
Bill Plympton Studios
Dark Horse Indie
Space Pilot Medi

Synopsis

Dans les années 1940, un cowboy mythique apparaît dans la ville forestière corrompue de Sourdough Creek. A l'aide de sa seule guitare et d'une vermine de l'enfer géante, il combat le méchant maire et son jumeau tout aussi égoïste, afin de purger l'exploitation forestière de leur emprise néfaste.

Critique

Ordinaire

Duel a Monte-Carlo del Norte est un long-métrage de Bill Plympton, un très grand nom du cinéma d’animation indépendant américain. Le film est produit par la boîte de production de Plympton lui-même (Plymptoons). Le réalisateur nous propulse dans un univers à la frontière entre la parodie et le pastiche du western hollywoodien par excellence. L'histoire suit les aventures d’un cow-boy mythique dans une ville forestière corrompue, Sourdough Creek, au beau milieu des années 40. Ce cow-boy sera appelé à combattre le maire égoïste de cette ville ainsi que son jumeau pour purger l’exploitation forestière, aux côtés de Delilah, une sublime chanteuse.

 

 

Les points forts


Plympton prolonge le pacte qu’il a créé avec son public au fil des années. Avec l’aide de Maureen McElheron, collaboratrice récurrente, il renoue avec ce style si particulier qui a su conquérir le cœur de ses fans. Que ce soit par l’ambiance musicale marquée par l’influence de la country et le minimalisme charmant des musiques qui accompagnent les différents personnages que nous rencontrons, ou bien la fidélité au style graphique de l’artiste, en marge des normes du cinéma d’animation classique, avec des formes complètement exagérées, des traits imprécis et brouillons ainsi qu’un chara-design caricatural. Plympton opte pour une sorte de parodie de western. En plus d’amuser les fans de ce genre emblématique du cinéma hollywoodien classique en jouant avec les codes de ce dernier de manière absurde, il y ajoute une touche très intime qui renforce l’œuvre. En effet, originaire de l’Oregon où rôdent encore aujourd’hui des cow-boys, le cinéaste renoue avec un monde qui l’a poussé vers celui de l’animation. On y entend alors de la country, des accents forts ou encore des coups de revolver sur des images de cow-boys, de femmes en corsets, de tavernes, de chevaux ou de terres désertes. Tous ces éléments sont accompagnés d’une esthétique très cuivrée avec une palette remplie de nuances de bruns, rendant l’œuvre très forte visuellement. L’humour reste très efficace et s’appuie encore une fois sur l’univers qui l’inspire, comme lorsque le héros semble marcher dans un désert alors qu’il roule en réalité sur des castors, l’animal fétiche de l’État d’Oregon. Nous faisons alors face à un mariage déjanté entre l’univers sans limite de Bill Plympton et le monde d’où il vient. Une bonne manière pour l’artiste de parler de sa culture tout en satisfaisant son public.

 

 

Les points faibles


Duel a Monte-Carlo del Norte fait preuve de quelques faiblesses au niveau de l’animation et de certaines idées mal exploitées. Le parti pris de Plympton est évident, mais il utilise trop de nuances similaires sur des décors et des personnages déjà brouillons et visuellement surchargés. Sur certains arrière-plans non floutés, nous avons du mal à distinguer le personnage. L’animation, elle, est parfois beaucoup trop saccadée, voire inexistante. On y voit des mouvements fluides sur une scène, puis un enchaînement d’actions sans réelle fluidité. On se retrouve alors avec des plans où seules les lèvres sont animées et rien d’autre pendant plusieurs secondes, dans le pur style de PLympton, mais le résultat est mal équilibré. Le choix de rappeler d’anciennes œuvres appréciées du public de Plympton, notamment à travers des changements drastiques d’animation ou de couleur dans les scènes de chant (comme le retour au fond blanc sans décor ou à des chara-designs plus brouillons et minimalistes) provoque, sur certaines transitions mal gérées, une cassure dans la narration et dans l’ambiance générale installée dès les premières minutes.

 

 

En conclusion


Duel a Monte-Carlo del Norte est un film rempli de nouvelles idées, très poussé dans sa direction artistique, mais moins travaillé techniquement. On ressent le besoin chez l’artiste de solidifier le lien avec son spectateur, mais il en vient, sur certaines scènes, à se perdre dans ses propres choix.

 

 

Avis rédigé par Camille le d'après une version originale

Production

Distributeur

Portrait