L'Accordeur de Tremblements de Terre

Long métrage
Cinéma

L'Accordeur de Tremblements de Terre

Long métrage
Cinéma

Infos techniques

Titre original

The PianoTuner of EarthQuakes

Durée

99 minutes

Date de sortie en France

Pays d'origine

Royaume-Uni : sortie le
France : sortie le
Allemagne : sortie le
États-Unis : sortie le

Réalisation

Stephen Quay
Timothy Quay
Weiser Quay

Société de production

ARTE
Arte France Cinéma
Koninck Studios
Lumen Films
Mediopolis Film- und Fernsehproduktion
Zweites Deutsches Fernsehen (ZDF)

Synopsis

Emporté par une passion dévorante mais non partagée, le Dr Emmanuel Droz, neurologue méphistophélique et inventeur ayant découvert le secret de la résurrection, veut s'unir à jamais à la femme qu'il aime, la belle cantatrice Malvina van Stille. Afin de réaliser son dessein il la tue, l'enlève, puis la maintient dans un état de mort apparente.

Critique

Ordinaire

L’Accordeur de tremblements de terre est un long métrage hybride du duo d’animation américain (dont la carrière est essentiellement européenne) Timothy et Stephen Quay. Sorti en 2005 avec une projection limitée la même année à L’Étrange Festival, L’Accordeur de tremblements de terre est le second long métrage des deux frères. Réalisé en grande majorité en prise de vue réelle, comme le précédent long métrage Institut Benjamenta en 1995, le film réutilise tout ce qui a fait l’originalité et la force des œuvres des deux frères dans l’animation, mais transposé sur de la chair et des os. L’Accordeur de tremblements de terre c’est une histoire de fantôme et de possessivité. Une cantatrice, assassinée sur scène, se voit ressuscitée par un certain Dr Emmanuel Droz pour jouer l’opéra de sa propre mort. Emprisonnée, elle tombe alors amoureuse de l’accordeur de l’opéra, qui ressemble trait pour trait à son ex-fiancé.

 

 

Les points forts


L’Accordeur de tremblements de terre brille particulièrement par la gestion de son atmosphère. En grande partie due à une direction artistique des plus sensibles et visuellement puissantes, le film réussit à naviguer entre le monde de la peinture, le cinéma d’Europe de l’Est avec une atmosphère stalkerienne, et le monde du stop motion bien connu des deux artistes.

Par des images d’une beauté envoûtante, L’Accordeur de tremblements de terre transpire la sensibilité et l’originalité. Nous faisons face à une succession de plans construits comme des toiles peintes, proches du clair-obscur européen de la Renaissance ou du surréalisme de l’après-guerre. Le travail sur la lumière est remarquable, entre structuration des contre-jours et des lumières naturelles, avec une modélisation d’une sorte de soft focus ou d’une aura qui entoure les personnages comme des spectres.

Les acteurs de chair et d’os deviennent alors les nouvelles marionnettes des deux frères, à la place des poupées démembrées. Ils sont incrustés dans un décor construit de toutes pièces aux allures des maquettes utilisées dans leurs précédents courts métrages d’animation, et se mélangent avec les personnages et les scènes en stop motion. On en vient à un monde plastique jusqu’au moindre détail.

Les séquences d’animation en stop motion, elles, chevauchent les scènes en prise de vue réelle. Elles apportent une seconde touche d’onirisme à l’œuvre. Le décalage entre la prise de vue réelle et l’animation n’est absolument pas flagrant. La direction artistique, gérée au millimètre près, rend le tout homogène et particulièrement séduisant.

 

 

Les points faibles


L’Accordeur de tremblements de terre pâtit de séquences trop ternes face à la richesse des scènes oniriques ou paranormales. Effectivement, la direction artistique éblouit d’abord, mais le spectateur s’y habitue vite, et elle ne suffit plus à maintenir l’intérêt des scènes de dialogue. Là où les frères Quay avaient l’habitude de retranscrire les mots et les phrases visuellement sans trop user d’une narration linéaire ou éclatée, ici on sent un besoin de raconter quelque chose, et donc le film se retient dans la mise en scène de séquences purement symboliques ou oniriques. C’est dommage, car on pourrait y voir l’occasion d’ajouter des éléments animés, mais ceux-ci restent cantonnés aux mêmes endroits. On a donc un effet de montagnes russes entre le grand spectacle plastique et émotionnel et les simples mises en contexte sans grands artifices.

 

 

En conclusion


L’Accordeur de tremblements de terre, en tant que second long métrage des frères Quay, se présente comme une nouvelle œuvre ultra-envoûtante, par ses textures et un panel d’images à couper le souffle. Cependant, l’histoire en elle-même ne fait pas autant rêver. Elle se contente d’être jolie, présente et d’assurer une continuité.

 

 

Avis rédigé par Camille le d'après une version française

Production

Distributeur