L'Odyssée de Céleste

Long métrage
Cinéma

L'Odyssée de Céleste

Long métrage
Cinéma

Infos techniques

Titre original

Space Cadet

Durée

86 minutes

Date de sortie en France

Pays d'origine

Canada : date de sortie non communiquée

Réalisation

Kid Koala

Société de production

Films Outsiders

Synopsis

Depuis son enfance, Céleste vit avec son meilleur ami, un robot, qui l’aide à accomplir son rêve : devenir astronaute ! Mais lorsqu’elle embarque pour sa première mission interstellaire, son robot se retrouve seul sur Terre et doit faire face à sa solitude pendant que Céleste affronte des dangers imprévus. Leurs souvenirs communs leur donneront le courage et la force de lutter pour pouvoir se retrouver.

Critique

Honorable

L’Odyssée de Céleste est un long-métrage canadien réalisé par Kid Koala, réalisateur, auteur et compositeur de musique de film. Il s’agit de sa première œuvre cinématographique qu’il a adaptée de son propre roman graphique éponyme. Le film a d’abord été présenté hors compétition au Festival de Gérardmer et en compétition aux Toiles Filantes la même année. On y suit Céleste, une petite fille nourrie par son rêve de devenir astronaute, vivant seulement avec son meilleur ami Robot. Lorsque la jeune fille est finalement envoyée en mission dans l’espace, les deux amis tentent malgré la distance de se souvenir de tout ce qui les lie pour ne jamais s’oublier et garder l’espoir de se retrouver.

 

 

Les points forts


Lorsque l’on visionne L’Odyssée de Céleste, son aspect lissé peut être perçu comme de l’animation légèrement simpliste alors qu’il n’en est rien. Si l’on porte un regard plus attentif sur les détails, on remarque en effet une gestion méticuleuse de la composition de l’image entre la 2D et la 3D, mais aussi des points de vue et des mouvements maîtrisés. Pour son premier métrage, Kid Koala fait appel à toute une équipe lui permettant de maintenir l’aspect singulier de son roman graphique, amenant le spectateur dans un récit à la fois onirique et plaisant.

Sans trop de difficultés, de par ses nombreuses casquettes, le réalisateur offre un panel musical éclectique qui se fait propice à chaque situation. L’univers sonore se fait pilier de l’entièreté du film et permet de souligner l’intériorité des personnages et d’appuyer leurs gestes. Les silences, les instruments, les bruitages... c’est une expérience presque sensorielle qui est alors proposée, qui ne tente rien de sensationnel mais nous ouvre aux sentiments et aux pensées brutes de Céleste et Robot.

Aussi, l’histoire emmène sans détour vers des thématiques intimes, relatant le deuil, la mémoire et la solitude. Là où d’autres préfèrent user de l’art pour divertir et inviter à une pause dans le quotidien du spectateur, Kid Koala et ses collaborateurs l’utilisent pour apporter un message qui peut résonner à la fois chez les petits et chez les grands.

 

 

Les points faibles


L’alliance entre musique et animation est un atout, mais cela n’efface pas les facilités scénaristiques. Certes adapté d’un roman graphique, L’Odyssée de Céleste a été scénarisé par Mylène Chollet qui aurait alors pu éviter quelques longueurs ou alors contraster avec davantage de scènes de tension (pourtant brillamment effectuées sur l’aspect technique). La binarité du récit entre le point de vue de Céleste et celui de Robot ne permet pas d’avoir un investissement intégral envers chaque personnage en un laps de temps si court. Le film tend à réinventer le récit onirique par son approche esthétique bien à lui, mais maintient l’usage de ressorts comiques familiers, notamment le comique de répétition, ce qui crée des moments de rupture désagréable. Par l’humour apporté par Robot et les personnages secondaires du chat et de la plante dansante, le spectateur esquisse d’abord un sourire pour ensuite potentiellement se lasser au bout de trois, quatre, voire cinq réitérations. Cet usage aurait pu être plus ou moins jaugé pour ne pas tomber vers la récurrence et le déjà-vu.

 

 

En conclusion


Bien que simple dans sa trame narrative et ses happenings, Kid Koala signe un premier long- métrage poétique et sensible. Il unifie musique et animation, afin de connecter deux arts pourtant distincts dans L’Odyssée de Céleste, qui mènent à une osmose agréable. Il est appuyé par une touche sensible à la fois dans la construction des personnages et de l’univers présenté, amenant légèreté et tendresse sans pour autant laisser place à un pathos superflu.

 

 

Avis rédigé par Lilian le d'après une version française

Distributeur