Les Schtroumpfs - Le film

Long métrage
Cinéma

Les Schtroumpfs - Le film

Long métrage
Cinéma

Infos techniques

Titre original

Smurfs

Durée

92 minutes

Date de sortie en France

Pays d'origine

États-Unis : sortie le
Belgique : date de sortie non communiquée
Italie : sortie le
Australie : date de sortie non communiquée
Royaume-Uni : sortie le

Réalisation

Chris Miller

Société de production

Paramount Animation
Domain Entertainment
International Motion Picture Studios (IMPS)
Lafig Belgium

Synopsis

Lorsque le Grand Schtroumpf est mystérieusement kidnappé par les vilains sorciers : Razamel et Gargamel, la Schtroumpfette et son meilleur ami Le Schtroumpf Sans-Nom partent en mission pour le retrouver ! Commence alors une aventure délirante où nos héros bleus vont croiser la route de nouveaux amis hauts en couleur comme Mama Poot et ses petits. Les Schtroumpfs doivent prendre en main leur destin pour sauver celui du monde entier ! 

Critique

Ordinaire

Les Schtroumpfs - Le film, réalisé par Chris Miller, marque une nouvelle tentative américaine de faire renaître les célèbres lutins bleus sur grand écran. Après avoir été exploités par Sony Pictures Animation et Columbia Pictures dans deux productions hybrides désastreuses signées Raja Gosnell (en 2011 et en 2013), puis dans un film intégralement animé et plus maîtrisé en 2017 (Les Schtroumpfs et le Village perdu), la franchise avait brièvement retrouvé ses racines belges avec Les Schtroumpfs en fête, produit par Dargaud Média en 2023. Cette fois, Paramount Animation reprend la main et balaye d’un revers tous les échecs passés pour initier un troisième reboot (en moins de deux décennies, ça fait beaucoup). Chris Miller (Shrek le Troisième, Le Chat Potté) est à la réalisation de cette aventure qui pioche à la fois dans de vieilles recettes et dans les poncifs des blockbusters Marvel. Résultat : les Schtroumpfs se retrouvent plongés dans une aventure multidimensionnelle, totalement inappropriée et anachronique vis-à-vis de l’univers original imaginé par Peyo.

 

 

Les points forts


On ne va pas passer par quatre chemins : le film est absolument décevant. Il a même été tentant de lui attribuer la note minimale, mais, dans un souci d’objectivité, une qualité mérite d’être relevée sur le plan purement technique. Si l’animation était bien plus inspirée et aboutie chez Sony Pictures Animation pour Les Schtroumpfs et le Village perdu, qui semblait redresser la barre après les échecs critiques passés, ce nouveau film réalisé par Chris Miller n'est pas absolument honteux (sur le plan de la technique). Il développe une identité visuelle souple, assez actuelle, avec une esthétique trompe-l’œil en 2D simulée qui correspond à certaines tendances récentes. Les couleurs sont vives, les effets visuels appliqués à la fumée ou à l’eau se révèlent créatifs, et l’ensemble témoigne d’une diversité technique qui attire l’œil. Ce sont d’ailleurs les seuls instants qui suscitent un véritable intérêt dans cette production chaotique.

 

 

Les points faibles


Tout le reste relève du naufrage, ou d'une attaque kamikaze. Cette nouvelle aventure des Schtroumpfs est un grand bal du n’importe quoi, une kermesse de mauvais goût, et plus encore, une insulte à l’œuvre de Peyo, qui avait bâti un univers cohérent, répondant à des règles internes précises et respectées dans chaque album. Tout cela a été piétiné au profit d’un délire américain incohérent. Le réalisateur n’a visiblement rien compris à la nature de la bande dessinée originale, et signe une trahison franche à l’égard de toute une génération de lecteurs. Le problème c'est que ce n'est pas la première fois, alors la responsabilité est aussi à chercher du côté des ayants droit, IMPS et LAFIG, qui détiennent les licences mondiales et trahissent sans vergogne l’héritage de Peyo au nom de la rentabilité. À cela s’ajoute un changement d’écuries perpétuel pour tenter de toujours capitaliser sur la marque, malgré un bilan plus que fragile, un véritable jeu de chaises musicales entre studios et productions, qui confère à la saga un caractère instable et mercantile, frôlant le ridicule. Ce ballet industriel, incohérent sur le long terme, entache toujours plus la crédibilité de la franchise.

Ce qui déçoit davantage encore, c’est que la bande-annonce n’avait rien laissé présager d’une telle mascarade. Nous-mêmes avions nourri quelques attentes, allant jusqu’à recommander ce film comme un immanquable de juillet. Jamais nous ne nous étions autant trompés.

L’histoire est d’une facilité consternante, et semble même inférieure à ce que l’intelligence artificielle serait capable de produire. Le contexte est incohérent : un multivers plaqué de manière artificielle, un retour à la prise de vue réelle dans un Paris caricatural, des personnages animés côtoyant des humains en pleine Allemagne, des lutins mais aussi un livre anthropomorphe complétement hors sujet, des protagonistes sans âme ni originalité, un humour bancal, une Rihanna omniprésente dans une bande-son surexploitée, un univers visuel déstructuré, et une multitude de détails scénaristiques absurdes. Nous sommes à quinze mille kilomètres du village des Schtroumpfs tel qu’il fut pensé par leur créateur.

 

 

En conclusion


L’ennui s’installe dès les premières minutes, et ne quitte jamais le spectateur. Les tentatives désespérées pour “rebooster” la licence avec des idées absurdes n’ont pour effet que d’accélérer l’envie de fuir la salle. Et c’est bien ce que nous avons vu : des enfants quittant la projection, tirant leurs parents derrière eux. Le film a certes bénéficié d’une forte campagne promotionnelle, qui va attirer du monde, mais la critique ne sera pas dupe. Ce n’est rien d’autre qu’un produit marketing honteux, qui piétine un monument de la bande dessinée européenne. À l’image des pires productions de Raja Gosnell, cette nouvelle itération enterre un peu plus les Schtroumpfs. Il serait grand temps de leur foutre la paix, et de les laisser schtroumpfer en paix.

Note: Nous tenons à préciser que les visuels accompagnant cette critique sont issus du matériel promotionnel officiel fourni par le distributeur. Ils ne reflètent que partiellement le contenu réel du film, et ne permettent pas d’illustrer fidèlement l’orientation artistique ni les choix narratifs discutés dans notre article. Cette sélection d’images, très encadrée, ne donne qu’un aperçu limité d’un film bien plus déroutant que ce que ces visuels peuvent laisser croire.

 

 

Avis rédigé par Guillaume le d'après une version française

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