Vampire Hunter D : Chasseur de Vampires

Long métrage
Vidéofilm

Vampire Hunter D : Chasseur de Vampires

Long métrage
Vidéofilm

Infos techniques

Titre original

Kyûketsuki hantâ D

Durée

80 minutes

Date de sortie en France

(estimation)

Pays d'origine

Japon : sortie le

Réalisation

Toyoo Ashida

Société de production

Ashi Productions Company
CBS Sony Group Inc.
Epic/Sony
Movic

Synopsis

Dans un lointain futur, sur une Terre dévastée, l'humanité est revenue à un mode de vie quasi-médiéval. Dans le même temps, les vampires sont sortis de leurs retraites millénaires et terrorisent les habitants des villages les plus reculés, aux confins du monde des vivants. C'est dans un de ces villages que D, le très mystérieux chasseur de vampires, rencontre une jeune fille qui va l'entraîner au coeur des ténèbres, à la poursuite d'un Seigneur Vampire vieux de 10 000 ans...

Critique

Ordinaire

Vampire Hunter D est un OVA sorti en 1985, réalisé par Toyoo Ashida et écrit par Yasushi Hirano d’après le premier roman de la saga littéraire éponyme écrite par Hideyuki Kikuchi et illustrée par Yoshitaka Amano (connu pour son travail sur la franchise de jeux vidéos Final Fantasy). Le film est sorti dans un contexte où les OVA permettaient une certaine liberté que ne laissait pas la télévision japonaise, accordant ainsi aux créateurs le droit de produire des œuvres plus sombres et plus violentes. Vampire Hunter D mélange la dark fantasy au genre de la science-fiction post-apocalyptique. Les hommes et les créatures démoniaques cohabitent dans un monde futuriste où l’avancée technologique a été délaissée par une civilisation déchue. Nous suivons "D", un dhampir (mi-homme, mi-vampire) appelé à l’aide par Doris Lang, une chasseuse de vampires traquée par le seigneur démoniaque Magnus Lee, qui cherche à l’épouser.

 

Vampire Hunter D : Chasseur de Vampires image 1

 

Les points forts


L’adaptation de Vampire Hunter D préserve les somptueux chara-designs de Yoshitaka Amano, qui confèrent à D son charisme emblématique et à Doris une sensualité gothique rappelant la figure classique de la « Dame en détresse » dans les récits vampiriques (comme Ellen Hutter dans Nosferatu). Le design des décors est ravissant, notamment le château lugubre de Magnus Lee. Les plans envoûtants sur la lune de sang et le village noyé sous la brume sont des éléments marquants. L’usage des ombres et lumières renforce brillamment l’atmosphère gothique du film. Qu’il s’agisse des ombres grossières masquant le haut du visage de D sous son chapeau, des yeux fluorescents perçant l’obscurité, ou encore des éclairs illuminant brièvement les visages, chaque détail contribue à l’ambiance macabre. Enfin, sur le plan esthétique, Vampire Hunter D se distingue aussi comme l’un des précurseurs du cyber-goth, notamment grâce à ses éléments technologiques disséminés et à la sublime monture métallique de D.

 

Vampire Hunter D : Chasseur de Vampires image 2

 

Les points faibles


La mise en scène est médiocre. Elle n'est ni novatrice ni catastrophique, mais se contente d’animer les personnages sans véritable dynamisme. On se retrouve avec une mise en scène très lente, des personnages très souvent immobiles, des plans longs, tandis qu'à l'inverse, les péripéties se déroulent à un rythme précipité. L’exemple le plus frappant est l’introduction : D arrive lentement, dans une scène étirée à l’extrême. Pourtant, une fois face à Doris, les dialogues s’accélèrent brutalement, expédiant l’échange sans véritable présentation des personnages ou du contexte. L’objectif est posé, mais sans immersion. De plus, le film manque de gravité et de conviction. Avant son affrontement avec Magnus, D apparaît comme une créature invincible. D'ailleurs, le personnage connaît peu d'évolution personnelle.

Lorsqu’il n’y a pas de musique, le vide se fait immédiatement ressentir. L’ambiance sonore est quasi absente, remplacée par un simple enchaînement de bruitages et d’effets.

Les couleurs manquent d’harmonie. Si le récit et les décors dépeignent un monde lugubre et sombre, les personnages, en revanche, arborent des teintes trop vives. Là où l'on s’attendrait à des nuances sombres ou froides, la palette choisie tranche excessivement, créant un contraste parfois discordant.

 

Vampire Hunter D : Chasseur de Vampires image 3

 

En conclusion


Si Vampire Hunter D doit sa principale force à son aspect visuel, c’est avant tout grâce au travail de son illustrateur d’origine, et non à sa mise en scène. L’unique apport aux personnages s’est révélé préjudiciable à l’œuvre. Pourtant, malgré une réalisation médiocre, le film a marqué la pop culture, jusqu’à s’imposer comme un précurseur du cyber-goth. Pionnier de l’animation vampirique et cyber-gothique, il a bénéficié en 2000 d’une seconde adaptation, Vampire Hunter D : Bloodlust, bien plus aboutie. S’il ne se distingue pas autant que d’autres films d’animation de la même époque, tels qu’Akira de Katsuhiro Otomo ou Macross : Te Rappelles-tu l’Amour ? de Shoji Kawamori et Noboru Ishiguro, son esthétique rétro continue néanmoins de séduire les amateurs du genre.

 

Vampire Hunter D : Chasseur de Vampires image 4
 

Avis rédigé par Camille le d'après une version française

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Distributeur

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