Danger pleine-lune
Danger pleine-lune
Infos techniques du film d'animation "Danger pleine-lune"
Titre original
Durée
Date de projection en festival
Pays d'origine
Réalisation
Société de production
Synopsis du film d'animation "Danger pleine-lune"
Alex est un petit garçon solitaire, des rêves plein la tête. Un jour son père, éloigné par son travail, lui envoie des cocons qui se transforment en magnifiques papillons. L'un d'eux est une fée du nom d'Ourougou. Elle devient la complice d'Alex et ils vont vivre mille aventures...
Critique du film d'animation "Danger pleine-lune"
Danger Pleine Lune est un film d'animation hybride sous forme de conte de jeunesse, sorti en 1991 et réalisé par l'un des grands maîtres de l'animation tchécoslovaque, Břetislav Pojar. Avec une carrière s'étendant sur plus de trente ans, Pojar a su faire rêver autant à travers ses courts que ses longs métrages, tout en gardant une légère dimension critique. Danger Pleine Lune est son second film avec de la prise de vues réelles, et le quatorzième Conte pour tous, une série d'une trentaine de films de jeunesse produits par Rock Demers et sa compagnie La Fête.
Le film narre la vie d’Alex, un petit garçon avec des rêves plein la tête, qui n’a pour seule amie que Lucie. Son père, absent, navigue à travers le monde et expédie à son fils plusieurs types de papillons qu’il rencontre. Un jour, c’est un colis qu’Alex reçoit. Et celui-ci cache plusieurs cocons, dont un renfermant une fée.

Les points forts
Une direction artistique envoûtante, passant par un joli contraste entre les couleurs ternes de la vie réelle et l’univers féerique (avec une animation colorée). Les couleurs saturées gagnent en intensité au contact d’éléments issus du monde réel, comme les craies sur le tableau du professeur dans la salle de classe ou les nombreux jouets d’Alex dans sa chambre. Ce contraste est soigneusement pensé. En effet, même les couleurs ternes restent éloquentes, comme les cheveux roux du garçon ou l’usage de teintes sourdes là où d'autres auraient opté pour du gris. Cela rend la superposition du monde animé sur la prise de vue réelle moins dérangeante.
De plus, l’univers féerique est harmonisé avec les choix musicaux. Les mélodies à vent sont à la fois apaisantes, légères et émouvantes dans les passages sensibles ou plus sombres (en sachant que le film reste tout de même centré sur des sujets pouvant toucher les enfants sans les traumatiser, comme l’absence d’un père ou l’amitié).
L’animation en stop motion, séduit autant par la simplicité des éléments utilisés (objets du quotidien en mouvement, sortes de papillons en papier, et le design de l’égérie du film avec une ravissante poupée-fée bleue et orange) que par la difficulté de les incorporer dans le réel tout en restant crédible. Et cela passe aussi par le talent de l’artiste à créer ses décors réels : des maquettes soignées, en particulier la chambre, qui devient comme une boîte à musique.

Les points faibles
Un univers sur la réserve malgré une richesse d’idées visuelles. Le film n’explore pas pleinement son potentiel artistique. Certaines trouvailles se limitent à de courts moments ou se répètent, notamment avec l’animation des objets du quotidien. Le tout est accompagné d’un certain manque d’audace dans l’exploitation de ses idées. De plus, on ressent une sorte d’étroitesse dans la majorité des séquences, notamment dans la chambre d’Alex, où se situe une grande partie de l’action ainsi que les animations les plus grandioses. La maquette intérieure est donc gérée avec soin, tandis que l’extérieur semble moins travaillé. On y perd la magie visuelle. Les décors extérieurs manquent aussi de l’empreinte artistique propre à l’univers féerique (peu d’éléments merveilleux comme les fées ou les fleurs, seulement un décor naturel non touché par la patte de l’artiste).

En conclusion
Danger Pleine Lune est donc un film qui touche autant par son sujet, centré autour de la famille et de l’amitié, à travers un enfant souffrant de l’absence de son père, que par ses idées visuelles merveilleuses et féeriques. Il ne va pas trop loin pour ne pas choquer, mais assez pour faire rêver la jeunesse visée par le conte. Il sera d’ailleurs récompensé quatre fois, dont trois fois en France et une fois en Allemagne : prix du jury à Francfort, prix spécial du jury à Laon et prix du public et du jury à Bourg-en-Bresse. Cependant, c’est sa beauté plastique, plus que sa mise en scène, dont la lenteur a été reprochée, qui a su séduire.
