Joseph vendu par ses frères

Long métrage
Festival
Joseph vendu par ses frères
Catégorie
Genre
Technique

Joseph vendu par ses frères

Long métrage
Festival

Infos techniques

Titre original

Ba'al Hahalomot

Durée

80 minutes

Date de projection en festival

(estimation)

Pays d'origine

Israël : date de sortie non communiquée

Réalisation

Alina Gross
Yoram Gross

Société de production

Yoram Gross Films

Synopsis

La vie de Joseph, fils de Jacob.

Critique

Honorable

Joseph Vendu par ses frères est un film d’animation en stop-motion, destiné à un public familial, réalisé par Yoram Gross à ses débuts, bien avant qu’il ne se fasse connaître pour ses œuvres en 2D comme Dot and the Kangaroo ou Blinky Bill :  le Koala malicieux. Il s’agit du tout premier long-métrage d’animation produit en Israël (le film est donc en hébreu moderne puis doublé en anglais pour toucher un public plus large). Yoram Gross, d’origine polonaise et ayant émigré en Israël avant de poursuivre sa carrière en Australie, réalise ce film dans le contexte du « jeune cinéma israélien » (qui fait référence aux premières productions cinématographiques d’Israël durant les années 50 et 60 quand l’industrie était encore en développement et inspirée par le cinéma européen et juif), d’après le script de son frère et avec des poupées faites main. C’est donc dans ce contexte que Yoram Gross décide de s’imprégner de l’histoire du peuple juif en produisant un long-métrage inspiré de la figure biblique de Joseph, fils de Jacob. Joseph est vendu en esclavage par ses frères jaloux avant qu’il ne s’élève au rang de conseiller du pharaon en Égypte grâce à son don d’interprétation des rêves.

 

 

Les points forts


Le film réussit avec justesse à transmettre aux enfants un récit historique majeur. On y retrouve une série de narrateurs omniprésents qui accompagnent le spectateur. Narrateurs, eux, accompagnés par un mickey mousing somptueux, renforçant le côté magique de l’histoire. Des situations délicates sont rendues plus douces notamment dans la scène où Joseph se fait frapper, un comique de répétition et l’absence de violence graphique allègent l’acte. Ce manque de violence renforce alors l’impact émotionnel des moments clés de la vie de Joseph comme la trahison de ses frères. On retrouve également un parfait équilibre entre conte éducatif et esthétique contemplative. Par la poésie de l’animation en stop-motion, des fresques antiques stylisées donnent une dimension fantasmagorique au récit et une approche didactique avec les influences du drame social. Yoram Gross offre au spectateur un voyage à la fois onirique, limpide et accessible par sa narration. Un mélange de spectacle de marionnettes et d’iconographie biblique sublimé par une direction artistique qui fait rêver tout en instruisant.

 

 

Les points faibles


Le traitement des narrateurs n’est pas assez efficace. Effectivement, ces derniers sont sur-mixés, ce qui peut noyer certaines subtilités de la mise en scène ou de la musique. Ils se contentent de véhiculer l’histoire sans réellement donner d’identité marquée. Par exemple, il y a de nombreuses incohérences vocales. Les voix des narrateurs changent sans logique. Joseph passe parfois d’une voix masculine à une voix féminine tandis que la voix masculine est donnée à un autre personnage. L’identification est donc difficile, notamment sur les plans larges, car les bouches des personnages ne sont pas animés. C’est d’ailleurs le second plus gros défaut du film. Il manque d’expressivité. Les personnages sont peu mobiles, ce qui peut limiter l’émotion transmise. Les situations deviennent alors trop elliptiques. On aimerait ressentir davantage les émotions des personnages sans l’aide des narrateurs, mais l’animation ne traduit pas toujours clairement leurs états d’esprit. De plus, une certaine inadéquation entre animations et plans choisis nuit à la fluidité du récit sur les scènes les plus chargées en information.

 

 

En conclusion


Avec Joseph Vendu par ses frères, Yoram Gross signe une œuvre qui trouve un équilibre fascinant entre éducation et contemplation. Cela en fait donc le film d’animation familial par excellence malgré ses défauts techniques. Cependant, à sa sortie, le film n’a pas bénéficié d’une large reconnaissance internationale, restant relativement méconnu en dehors des cercles spécialisés. Mais son statut de premier long-métrage d’animation israélien lui confère une valeur historique indéniable et en fait un pionnier de son genre. Le film a également été sélectionné en compétition officielle au Festival de Cannes en 1962 lorsqu’il concourait pour la Palme d’Or sous le titre Baal Ha Khalomot.

 

 

Avis rédigé par Camille le d'après une version originale

Production