Ne Zha 2
Ne Zha 2
Infos techniques du film d'animation "Ne Zha 2"
Titre original
Durée
Date de sortie en France
Pays d'origine
Réalisation
Société de production
Synopsis du film d'animation "Ne Zha 2"
Ne Zha, enfant-démon élevé par des humains, forme une alliance précaire avec le prince-dragon Ao Bing, au cours d’une bataille épique destinée à protéger leurs clans. A la suite de cette bataille, l’être d’Ao Bing s’intègre au corps de Nezha, qui s’embarque alors dans une quête dangereuse pour un elixir qui peut restituer la forme physique d’Ao Bing. Pendant ce voyage jalonné d’affrontements avec les démons, il découvre une conspiration qui va déclencher une guerre dévastatrice entre le ciel et la terre. Ne Zha doit déjouer ces forces traitresses pour protéger ce qui lui est cher.
Critique du film d'animation "Ne Zha 2"
Sorti en 2025 et réalisé par Yu Yang, Ne Zha 2 est un film chinois de fantasy décliné du roman classique L’Investiture des dieux. Suite directe de Ne Zha (2019), inédit en France, il s’inscrit dans la tradition récente des grandes fresques mythologiques chinoises remettant en scène les figures du folklore national. Après une bataille destinée à protéger leurs clans, l’enfant-démon Ne Zha et le prince-dragon Ao Bing se retrouvent liés dans un même corps. Afin de restituer à son allié sa forme physique, Ne Zha entreprend une quête périlleuse pour trouver un élixir, un voyage qui le mène à découvrir une conspiration susceptible de déclencher une guerre entre le ciel et la terre.

Les points forts
La première qualité de cette production réside dans l’ampleur et l’audace de son univers. Le film, dans la veine d’œuvres comme White Snake ou New Gods: Nezha Reborn, réinterprète les grandes légendes chinoises dans un registre spectaculaire et décomplexé. L’univers déployé impressionne par la richesse de son lore et la densité de son imaginaire, chaque séquence apportant son lot de surprises visuelles et d’idées de mise en scène. Le scénario se révèle particulièrement chargé, peuplé de nombreux personnages bien identifiés et porté par une intensité dramatique constante. L’action domine largement l’ensemble, avec des affrontements mystiques spectaculaires, chorégraphiés avec précision et inventivité. Le rythme ne faiblit presque jamais, et les séquences de combat témoignent d’une grande ingéniosité visuelle. Si l’animation elle-même se montre solide, ce sont surtout les effets spéciaux qui impressionnent par leur ampleur et leur sophistication.
Cette débauche de moyens confirme la place singulière que s’est forgée l’industrie chinoise dans le paysage mondial du film d’animation, capable de rivaliser avec les grandes productions internationales tout en conservant une identité visuelle et mythologique très marquée.

Les points faibles
Cette ambition spectaculaire s’accompagne toutefois de limites importantes. Le folklore chinois est mobilisé de manière foisonnante mais rarement structuré pour un public non initié. Les nombreuses figures issues de L’Investiture des dieux apparaissent parfois sans véritable introduction ni contextualisation, ce qui peut laisser le spectateur occidental déconcerté face à cette galerie de personnages surgissant sans explication claire. Le récit adopte ainsi une construction très chargée, presque fourre-tout, dont la logique narrative reste parfois difficile à suivre. La durée conséquente de 143 minutes accentue cette impression. Les transformations fréquentes des personnages, en particulier celles de Ne Zha, instaurent un procédé qui paraît aujourd’hui daté et qui nuit à la cohérence de la dimension épique. Les motivations des protagonistes manquent également de clarté, si bien que les enjeux moraux (qui est allié ou ennemi, et pour quelles raisons) deviennent parfois confus.
À ces difficultés s’ajoute, pour le public français, une distribution particulièrement maladroite. Le film sort en France sans que son prédécesseur n’ait jamais été exploité en salles, alors même que le récit repose directement sur les événements du premier volet. Cette absence crée un sentiment d’incomplétude persistant, le récit démarrant abruptement avec des personnages déjà installés et recourant à des flashbacks parfois agaçants.
L’absence de doublage français accentue encore la difficulté d’accès, notamment face à un univers aussi dense et à une terminologie mythologique complexe. Ce choix (ou plutôt ce non-choix) de distribution constitue un véritable gâchis, d’autant plus incompréhensible que le premier film avait déjà rencontré un succès colossal en Chine.

En conclusion
Malgré ces défauts réels, Ne Zha 2 demeure une œuvre spectaculaire et ambitieuse qui témoigne de la vitalité du cinéma fantastique chinois contemporain. Son succès colossal au box-office mondial confirme l’attrait du public pour cette relecture explosive du folklore asiatique et pour l’ampleur de son univers mythologique. L’expérience reste cependant entravée, en France, par une diffusion mal préparée qui empêche d’en apprécier pleinement la portée. On peut espérer qu’une exploitation plus respectueuse voie le jour dans les années à venir, avec une sortie du premier Ne Zha et une rediffusion de ce second volet, dans des versions doublées, permettant enfin au public français d’aborder cette saga dans de meilleures conditions. L’arrivée annoncée d’un troisième épisode à l’horizon 2029 pourrait d’ailleurs constituer l’occasion idéale de réparer cet oubli et d’offrir à cette franchise l’exposition qu’elle mérite.
Note : la note attribuée au film ne prend pas en compte les problèmes relevés concernant la distribution en France.
