Under Milk Wood
Under Milk Wood
Infos techniques du film d'animation "Under Milk Wood"
Titre original
Durée
Date de projection en festival
Pays d'origine
Réalisation
Société de production
Synopsis du film d'animation "Under Milk Wood"
Un jour comme les autre dans une petite ville galloise du nom de Llaressub. On y découvre ses habitants avec leur caractère, leurs différences, leurs habitudes, leur vraie nature où comédie et tragédie sont toujours intimement liées.
Critique du film d'animation "Under Milk Wood"
Under Milk Wood est un moyen métrage d’animation de 50 minutes sorti en 1992 pour la télévision et réalisé par Les Orton, un animateur ayant déjà travaillé sur Métal Hurlant en 1981 ou encore sur quatorze épisodes de SuperTed de 1983 à 1986. Il a été produit par Siriol Animation Ltd. Le film offre une adaptation visuelle fidèle de la pièce radiophonique éponyme de Dylan Thomas parue en 1954 où est dépeinte une journée dans le quotidien des habitants fictifs du village gallois Llareggub. Narré par Richard Burton, qui avait déjà assuré la narration de la version originale, et accompagné musicalement par une composition de Trevor Herbert, nous passons à travers les relations, les rêves et les conflits d’une poignée de personnages dans une ambiance poétique.

Les points forts
Under Milk Wood, bien que limité au niveau de sa narration par sa fidélité, ressort avec une approche originale. En effet, sa narration se distingue par son côté atypique, guidée par la pièce de Thomas, conférant une atmosphère singulière et poétique à l’œuvre, renforcée par le dynamisme du texte original. De plus, le chara-design est diversifié. Malgré l’animation limitée, on note un réel effort dans la conception des personnages. Leur morphologie, leurs couleurs, et même leurs micro-mouvements contribuent à les différencier et à enrichir l’univers visuel. Personnages qui, par ailleurs, sont mis en valeur par un décor de village presque folklorique.

Les points faibles
La difficulté d’adapter la narration d’un récit initialement écrit sans support visuel, lorsqu’on se concentre uniquement sur ce qu’il raconte, aboutit à un résultat trop fragmenté. Le film adopte une forme presque anthologique, sautant rapidement d’un personnage à l’autre sans véritable fil conducteur. Ce rythme empêche l’attachement émotionnel et donne une impression de survol. Le format moyen-métrage (50 min) n’aide pas à ancrer les spectateurs ; un format plus court ou une structure plus centrée aurait peut-être mieux servi le propos.
L’animation semble datée et inégale. Elle est souvent rigide, voire absente (notamment avec des bouches non animées). Le rendu visuel semble appartenir à une époque bien antérieure à 1992, ce qui nuit à l’impact esthétique du film, le « charme de l’époque » ne le concernant pas. Sans parler du potentiel du chara-design ruiné par son animation, dans sa globalité, laide. Le décalage temporel est donc mal géré. Car, en plus de son animation, le choix de conserver la narration originale de Richard Burton de 1954, bien qu’iconique, empêche toute tentative de modernisation. Le film donne l’impression de regarder une archive mise en image pour coïncider avec son temps plutôt qu’une réinterprétation contemporaine, ce qui peut frustrer les plus vieux spectateurs en quête de nouveauté. Sans oublier bien sûr les faux raccords visuels fréquents. De nombreux plans souffrent de problèmes de continuité ou d’inattention aux détails, ce qui casse parfois l’immersion et trahit un manque de rigueur dans la direction.

En conclusion
Under Milk Wood possédait une grande volonté de mettre à l’image la pièce de Dylan Thomas en restant le plus fidèle possible, entraînant alors une vague de défauts qui auraient pu potentiellement être évités si Les Orton avait choisi de la moderniser et de moins s’y attacher. Malgré un point de départ solide, le film manque d’impact et finit relégué au second plan, éclipsé par des adaptations plus marquantes.
