Mondo Plympton

Long métrage
Cinéma

Mondo Plympton

Long métrage
Cinéma

Infos techniques

Titre original

Mondo Plympton

Durée

53 minutes

Date de sortie en France

Pays d'origine

États-Unis : sortie le

Réalisation

Bill Plympton

Société de production

Plymptoons

Synopsis

Un programme de courts métrages réalisés par Bill Plympton entre 1987 et 1999.

Critique

Honorable

Mondo Plympton est un film d’animation d’anthologie réalisé par Bill Plympton et sorti en 1997. Ce film d’environ une cinquantaine de minutes retrace, dans un ordre chronologique, l’évolution des animations de Plympton, comme une sorte de rétrospective. Bill Plympton est l’une des personnalités du monde de l’animation indépendante les plus appréciées pour son dynamisme, sa productivité et sa disponibilité, fréquentant très souvent les festivals européens et internationaux comme Annecy ou Anima à Bruxelles. Mondo Plympton est donc à la fois un hommage à son travail, mais aussi une succession des courts-métrages les plus célèbres de l’artiste, entrecoupés par des parodies de publicité, de clips, d’émissions éducatives ou bien de faux documentaires. Son titre fait d’ailleurs directement référence aux « mondo movies », un genre de cinéma d'exploitation caractérisé par une approche pseudo-documentaire très crue, qui a souvent été rapproché du cinéma colonial pour ses choix de mises en scène. Ici, il dépeint l’exagération et le côté sans filtre de son portrait et de celui de son art, qui regorge de satire.

 

Mondo Plympton

 

Les points forts


Le film démarre très fort avec Ton visage (Your Face), ayant remporté l’Oscar du meilleur court-métrage animé en 1988, porté par la sublime musique de Maureen McElheron. Une brillante illustration de la complexité et de la beauté des expressions humaines. Il introduit ainsi efficacement son style graphique, proche de la bande dessinée, au trait brouillon, caricatural, et aux couleurs légères mais expressives. L’humour est autant absurde qu’interactif. Certains courts sont accompagnés de cartons humoristiques et méta. L’œuvre nous invite donc autant à participer qu’à observer, à partir d’une complicité burlesque avec le spectateur. Un style unique et fidèle.

Plympton reste cohérent dans sa propre direction artistique. Un trait simple et libre, des décors très minimalistes, souvent réduits à un fond blanc, et une esthétique volontairement artisanale qui reste cependant toujours plus qu’efficace. Par ses gags, Plympton nous surprend en permanence. Il ne laisse jamais le spectateur anticiper ce qui va suivre. Il prouve qu’avec peu de moyens, on peut frapper fort. Un véritable éloge à la créativité brute.

L’univers que crée Plympton est étrange, absurde, souvent violent, mais dans une veine cartoonesque maîtrisée qui le rend inoffensif. Les codes rétro de la pub et de la télévision américaine (notamment des années 50) sont repris dans le design des visages des personnages, avec un usage ironique des cartons. Enfin, la série de courts-métrages est montée dans un ordre chronologique pour révéler l’évolution du style de l’artiste au fil des années, dans le but également de le présenter plutôt que de simplement enchaîner des courts-métrages.

 

 

Les points faibles


L’ordre chronologique provoque parfois une perte d’impact. Par exemple, un court puissant peut écraser celui qui le suit, qui devient alors moins marquant. Le format enchaîné peut affaiblir la réception individuelle de certains courts, qui gagnent pourtant à être vus séparément. Le style graphique, perçu comme bâclé ou non fini, peut rebuter un public non habitué aux styles marginaux. L’animation est peu fluide, très souvent associée à des couleurs très claires, et peut créer un effet de lassitude visuelle. De même pour le son : le choix d’une bande sonore globalement minimaliste peut être drôle au début, mais devenir répétitif, voire pesant à mesure que la compilation avance.

Le film ne propose aucune unité thématique forte. Il s’agit avant tout d’une compilation, sans réel propos d’ensemble, autre qu’un hommage à la carrière de Plympton, ce qui fermerait le cercle du public à des personnes qui s’intéressent à lui, plutôt qu’à de nouveaux adeptes. L’évolution du style vers quelque chose de plus graphique pourrait déplaire à certains, notamment dans les derniers segments disposant d’enchaînements de vomissements dans un restaurant ou de plans sur des organes vitaux (intestins, estomacs) accompagnés d’explosions. Cette montée en intensité peut sembler excessive ou déconnectée du ton plus léger des débuts, si l’on en retire le côté satirique.

 

 

En conclusion


Mondo Plympton se présente en marge des films d’animation de son époque. Dans son thème et son intention, il se rapproche presque d’un documentaire sur l’œuvre de Bill Plympton, plutôt que d’un film compilé. Le film a été bien accueilli par ses fans et cette sélection de courts affirme la place singulière du réalisateur dans le paysage de l’animation indépendante américaine.

 

 

Avis rédigé par Camille le d'après une version française

Contenu du programme

Production

Distributeur

Portrait