Optimus Mundus

Long métrage
Festival

Optimus Mundus

Long métrage
Festival

Infos techniques

Titre original

Optimus Mundus

Durée

56 minutes

Date de projection en festival

(estimation)

Pays d'origine

Russie : date de sortie non communiquée

Réalisation

Group Work

Société de production

EGI Corporation

Synopsis

L'histoire et la vie de Moscou à travers les récits inventés ou réels du chauffeur de taxi.

Critique

Excellent

Optimus Mundus est un film d’animation russe sorti en 1998. Né d’un projet ambitieux initié par le studio Pilot, fondé par Alexandre Tatarski, figure majeure de l’animation russe, Optimus Mundus réunit cinquante courts-métrages réalisés par un collectif de cinéastes talentueux tels que Dmitry Geller. Le but étant, par chaque segment, d’offrir une vision personnelle de Moscou à travers des récits imaginaires, formant ainsi un kaléidoscope d’interprétations artistiques de la ville, accompagné de la voix d’un spécialiste. Le film est présenté au 5e Festival ouvert russe du film d’animation en 2000, se classant sixième dans le vote des spectateurs.

 

 

Les points forts


Une célébration foisonnante de Moscou ! Le film retranscrit à merveille le folklore moscovite à travers des récits fantastiques et une imagerie des plus bluffantes. Entre dragons, hommes-oiseaux, paysages mythifiés : une fresque animée qui fait de la ville un personnage à part entière à travers les yeux de ses nombreux artistes locaux. Sa pluralité artistique est donc des plus rares. Chaque court-métrage propose un style bien différent (stop-motion, 2D traditionnelle, prises de vues réelles, images d’archives, croquis animés, tableaux picturaux mis en mouvement), témoignant de son expressivité débordante. Plus on avance, plus nous sommes plongés dans un univers sensoriel où se fusionnent explosions de couleurs et musique, avec des décors riches, hors du temps et de l’espace.

La narration, elle, est vivante et incarnée. Le spécialiste ne se contente pas de raconter chacun des points de vue. Il les vit. Il chante, il joue, il se glisse dans les personnages avec optimisme et passion. Il devient conteur au sens le plus pur, habitant de son récit. Les histoires s’enchaînent, se croisent, se perdent parfois. Elles évoquent un esprit de création sans limite, comme si le conteur s’égarait dans ses propres anecdotes. Une métaphore touchante de la richesse de Moscou elle-même.

 

 

Les points faibles


Ses points forts ont tendance à devenir également ses faiblesses. En effet, la richesse peut devenir étouffante par une absence de pauses à l’image comme au son (musique, bruitages et narrateur qui ne s’arrêtent jamais). Cette absence de silence ou de respiration narrative empêche la digestion de l’émotion ou limite la réflexion sur ce qui vient d’être vu. Le rythme effréné laisse parfois le tout difficile à suivre. Mais on se laisse alors plus facilement porter par les images plutôt que d’en saisir pleinement le propos.

 

 

En conclusion


Optimus Mundus est un hymne lyrique à Moscou et à ses mythes, autant qu’une démonstration éclatante du potentiel infini du cinéma d’animation, qui deviendrait un art à part entière. L’amour profond pour la ville est ressenti et partagé, tout en repoussant les limites formelles du cinéma. Mais cette générosité artistique, cette « essence de la création », nuit parfois à la lisibilité de l’ensemble. Ce film, trop rare et peu reconnu à l’international, mériterait pourtant une réhabilitation, ne serait-ce que pour son ambition unique : faire de l’animation un art total.

 

 

Avis rédigé par Camille le d'après une version française