Allegro non troppo
Allegro non troppo
Infos techniques du film d'animation "Allegro non troppo"
Titre original
Durée
Date de sortie en France
Pays d'origine
Réalisation
Société de production
Synopsis du film d'animation "Allegro non troppo"
Dans une mystérieuse salle de concert, on filme un curieux spectacle : un orchestre, constitué de vieilles femmes, dirigé par un chef tyrannique, joue plusieurs morceaux célèbres du répertoire classique qu'un dessinateur illustre en direct.
Note: Bien que certaines séquences d'Allegro non troppo aient été exploitées séparément par la suite, elles restent des parties d’une œuvre unique et ne feront donc pas l’objet de fiches distinctes.
Critique du film d'animation "Allegro non troppo"
Allegro Non Troppo est un film d'animation hybride réalisé par Bruno Bozzetto, dessinateur et producteur de dessins animés italien, connu pour être également l'auteur de nombreux courts- métrages à teneur politique et satirique. En 1976, Bozzetto sort, aux côtés de l'acteur et personnalité publique italienne Maurizio Micheli, une parodie de l'emblématique Fantasia de Walt Disney. Se présentant également comme un film musical, avec une suite de tableaux rangés du plus comique au plus tragique, entrecoupée de scènes de live action en noir et blanc mettant en scène les coulisses burlesques du film.
Les points forts
Le film s’inspire de la structure de Fantasia, mais s’en éloigne fortement dans le traitement, l’esthétique et le message, avec des libertés audacieuses visant autant à le moquer qu’à faire passer de vrais messages socio-politiques universels. On y trouve par exemple une critique de la société de consommation et du capitalisme dans le Boléro, une satire de l’injustice sociale à travers des rapports de pouvoir accentués dans les scènes de prises de vues réelles, ou encore un ton pessimiste sur la condition de l’Homme dans sa globalité, par le chaos constant, en opposition à l’ordre et l’harmonie présents dans Fantasia.
Allegro Non Troppo ne se limite pas non plus à l'animation pour faire briller son humour absurde et burlesque. En effet, les scènes en live action sont tout aussi amusantes et ne servent pas uniquement à présenter chaque tableau. On y voit des coulisses complètement déjantées commençant par une sorte de kidnapping des musiciens où le maître de réception s'adresse directement à Disney sous le nom de Pisney, avant de nous emmener sur les lieux de production, après une courte scène où l'animateur qui était enchaîné est également transporté. Voilà ensuite que les scènes s'enchaînent avec un rythme plutôt régulier. Malgré le décalage entre l'animation très colorée, très surréaliste, et la prise de vue réelle en noir et blanc, les acteurs continuent de jouer un jeu burlesque comme s'ils faisaient eux-mêmes partie de l'animation. Il y a une réelle progression entre les différents tableaux. Nous passons d'un style totalement ordinaire avec pas mal de dessins surréalistes, mais de mauvais goût (comme les blagues), à une animation et des dessins plus détaillés et plus soignés. Une évolution qui transparait dans les dessins, mais aussi dans les techniques employées qui deviennent de plus en plus expérimentales (comme la superposition colorée sur le segment du chat, l'animation en volume sur le dernier segment ou la fausse rotoscopie).
Le tableau du Boléro de Ravel est un segment qui arrive à être en rythme avec la musique et à suivre son évolution avec un message sombre, mais des dessins et une animation marquante. Il a d'ailleurs pu être recommandé comme sujet d'étude par Ward Kimball, un animateur historique de Disney.
Les points faibles
Malgré ses qualités, le film met un certain temps avant d'affirmer pleinement sa singularité par rapport à son modèle. Le film paraît d’abord enfermé dans sa parodie. Ses intentions réelles tardent à apparaître, au risque de perdre le spectateur qui ne verrait alors qu'une parodie grotesque. Le segment du Boléro, par sa puissance, risque d’éclipser les tableaux suivants. Même si leur qualité va crescendo, on pourrait croire que le film a déjà tout donné. En dehors des scènes de coulisses, la mise en scène sonore n’a rien de particulièrement marquant. Par ailleurs, l’animation montre parfois des difficultés à suivre le rythme de la musique, surtout dans les premiers tableaux, là où ce lien paraît mieux maîtrisé dans les scènes en prise de vue réelle.
En conclusion
Allegro Non Troppo est un film qui assume pleinement sa dimension de parodie audacieuse et burlesque et qui parvient à trouver un équilibre subtil entre humour grotesque et message satirique sur la société moderne, tout en développant ses propres idées d’animation. Le film peut dérouter par son humour initial ou son ton absurde. À part ça, le film reste drôle et intelligent, mais s’adresse avant tout à un public de niche.